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  • Christophe Cappelli

Pensée de saison : mai

C’est intéressant d’observer combien il est difficile de rester seul, en silence, sans distraction. Nous avons peur d’être face à nous-même. Face à notre impatience, notre agitation, notre inquiétude. Face à la profondeur de notre être. Nous avons peur de plonger dans l’espace infini de notre vraie nature, quand aucun attribut, ni aucune histoire ne la recouvre. Pourtant, celle-ci nous appelle en silence mais nous n’écoutons pas. Pourtant, nous en avons une nostalgie aiguë et douloureuse, tel un exilé trop longtemps coupé de sa terre.

Alors, plutôt que de chercher à remplir l’espace qui s’offre, donnons-nous au silence, à l’absence de certitude. Ne ratons pas l’opportunité incroyable de pouvoir être, en toute simplicité et en toute humilité et goûtons le nectar de la pure présence quand il n’y plus aucune attente, uniquement don de soi. Ne ratons pas l’opportunité unique de goûter à la substance de l’instant quand aucune activité superflue ne le dénature.


Nathalie Delay